Vers des standards ouverts d’interconnectivité : Open Interconnect Consortium

oicAtmel, Broadcom, Dell, Intel, Samsung et Wind River ont annoncé Open Interconnect Consortium ou OIC afin de travailler ensemble sur le développement d’un ensemble de spécifications standards et sur le développement d’un projet open source. Objectif : assurer l’interopérabilité des connexions entre les périphériques IoT (Internet of Things ou Internet des objets).

Comme pour n’importe quelle technologie émergente, on voit apparaître de-ci de-là différentes solutions permettant la recherche, la découverte et la communication entre différents périphériques (capteurs, smartphones, appareils ménagers intelligents, modules domotique, alarme, hifi, etc.). Puis, quelque temps plus tard, les constructeurs se rendent compte qu’il n’est peut-être pas si rusé de développer des protocoles incompatibles chacun de leur côté. Ils forment alors des consortiums et des forums pour uniformiser leurs technologies.

C’est pour cette raison que nous avons des normes et des standards pour tout et n’importe quoi, de la taille des pneus à la forme des ampoules, en passant par les connecteurs audio, les munitions d’armes à feu, le petit outillage (vis & tournevis), les cartes en tous genres (de visite, bancaire, de fidélité) et bien entendu, énormément de choses qui tournent autour d’Internet et de l’informatique (sans standard, il n’y aurait pas de net).

Certes, il y a toujours un petit malin qui pense être plus intelligent que tout le monde et tente de former son cheptel de clients dépendants avec une galaxie de produits qui ne sont compatibles qu’entre eux, mais pas avec le reste du monde. Ceci dure généralement un temps puis, tantôt, ils rentrent eux aussi dans le rang. La pire situation qui puisse se mettre en place est l’émergence et l’installation simultanée de plusieurs standards portés par des acteurs de poids et de force équivalente. Là, l’utilisateur est forcé de choisir un camp, d’adopter une marque ou un modèle… (vous avez quoi comme machine à expresso ?)

La bonne nouvelle avec l’OIC est le fait que la notion d’ouverture est prise au sérieux dès le départ et devrait donc conduire à des implémentations open source qui pourront rapidement évoluer et être adaptées aux besoins de chacun.

Les secteurs concernés par cette initiative sont nombreux puisqu’il est question d’habitat, de santé, d’industrie, mais également du secteur automobile, de la bureautique, des transports en général, etc. Les technologies utilisées concernent surtout le domaine du sans-fil par l’utilisation de standards déjà existants (ou sur le point de se généraliser) comme le WiFi, Bluetooth, Zigbee, Ant+… Les systèmes d’exploitation mentionnés dans les annonces sont ceux qu’on trouve généralement dans les systèmes embarqués avec iOS, Android, Linux, Tizen et « other Real Time Operating systems » (FreeRTOS ? Chibios ? Adeos ?), mais on remarquera, pour l’instant, l’absence d’implication de la part d’Apple ou de Google.

L’initiative n’en est qu’à ces premiers pas, mais on peut légitimement penser que ceci pourrait effectivement déboucher sur des solutions concrètes. Espérons cependant que l’aspect sécurité ne sera pas délaissé dans les réflexions du consortium et dans les standards qui en découleront.

Il serait dommage (ou amusant, si on fait preuve d’humour noir)  que ceci nous conduise vers une issue malheureuse où l’ensemble des objets qui nous entourent communiquent entre eux à nos dépens, manipulés par des personnes malveillantes ou pire, par personne !

Je regretterai peut-être d’avoir posté ce billet d’ici 20 ans lorsque machines volantes et robots humanoïdes chasseront les humains après avoir déclenché un holocauste nucléaire. Dans le doute, retournons torturer quelques cartes et matériels divers pour de nouveaux articles, ainsi l’histoire se souviendra de nous comme étant ceux qui ont commencé les hostilités :)